Dans ℝ, l'équation x² + 1 = 0 n'a aucune solution : aucun réel au carré ne donne −1.
Pour dépasser cette limitation, les mathématiciens ont inventé un nouveau nombre,
noté i, tel que i² = −1. Cela permet de résoudre toutes les équations
du second degré, et bien plus encore.
Nerveux explique : Les ingénieurs de SONABEL (la société d'électricité du
Burkina Faso) utilisent les nombres complexes chaque jour pour analyser les circuits
électriques en courant alternatif. L'impédance d'un circuit — qui combine résistance et
réactance — est un nombre complexe. Sans les complexes, pas d'électricité moderne à
Ouagadougou !
\[i^2 = -1 \qquad i = \sqrt{-1} \qquad i^3 = -i \qquad i^4 = 1\]
Les puissances de \(i\) sont cycliques de période 4 : \(i,\ -1,\ -i,\ 1,\ i,\ -1,\ \ldots\)
II. Forme algébrique
Tout nombre complexe z s'écrit sous la forme z = a + bi,
où a et b sont des réels. On appelle a la partie réelle et b la partie imaginaire.
\[z = a + bi \qquad a = \text{Re}(z) \qquad b = \text{Im}(z) \qquad a, b \in \mathbb{R}\]
Si \(b = 0\) : \(z\) est réel. Si \(a = 0\) : \(z\) est imaginaire pur. \(\mathbb{R} \subset \mathbb{C}\).
Conjugué d'un nombre complexe
Définition : Le conjugué de z = a + bi est z̄ = a − bi.
À tout nombre complexe z = a + bi on associe un point M(a ; b) dans le plan muni
d'un repère orthonormé (O, ⃗u, ⃗v). L'axe des abscisses est l'axe réel,
l'axe des ordonnées est l'axe imaginaire.
z₁ = 2 + 3i et z₂ = 2 − 3i (conjuguées l'une de l'autre)
Exemple 5 — Application concrète (Burkina Faso)
Un ingénieur de SONABEL modélise l'impédance d'un circuit électrique à Bobo-Dioulasso
par Z = 4 + 3i (en ohms). Calculer le module |Z|, l'argument θ et interpréter.
|Z| = √(4² + 3²) = √(16+9) = √25 = 5 ohms
cos θ = 4/5 = 0,8 et sin θ = 3/5 = 0,6 → θ = arctan(3/4) ≈ 36,87°
Forme trigonométrique : Z = 5(cos 36,87° + i sin 36,87°)
L'impédance totale du circuit est 5 Ω. Le déphasage entre tension et courant est de ≈ 37°.
L'ingénieur sait ainsi que le circuit est principalement inductif (partie imaginaire positive).